Bruit : 147 milliards d'euros par an en France, dont 26 pour le voisinage
Coût social du bruit en France
147,1 Md€
par an. Source : ADEME et CNB, 2021
147,1 milliards d'euros. C'est le coût social annuel du bruit en France, selon une étude conjointe de l'ADEME et du Conseil national du bruit publiée en 2021. Le bruit de voisinage en représente à lui seul 26,3 milliards. Un chiffre abstrait ? Pas tant que ça. Derrière ce nombre, il y a des vies perturbées, des problèmes de santé, et peut-être... les vôtres.
Dans cet article, nous décortiquons ce chiffre : d'où vient-il, comment est-il calculé, et surtout, qu'est-ce que ça représente concrètement pour vous en tant que locataire ou propriétaire.
Le bruit chronique impacte la concentration, la productivité et la santé mentale de millions de Français.
D'où vient ce chiffre ?
L'étude de l'ADEME (Agence de la Transition Écologique) ne sort pas ce montant d'un chapeau. Elle additionne les coûts directs et indirects du bruit sur plusieurs domaines, en utilisant des méthodologies reconnues internationalement.
66,5 %
Transports
Route, train et avion. La route pèse à elle seule 54,8 % du coût total.
17,9 %
Voisinage
26,3 milliards d'euros par an : bruits des particuliers, des activités et des chantiers.
14,2 %
Milieu du travail
Le bruit subi sur le lieu de travail, pendant la journée.
Note méthodologique : l'étude additionne des coûts marchands (soins, perte de productivité, perte de valeur des logements) et des coûts non marchands : les années de vie en bonne santé perdues à cause de la gêne, des troubles du sommeil ou des maladies. Ces coûts de santé non marchands, 126,3 milliards d'euros, pèsent 86 % du total.
Le voisinage, presque aussi gênant que la circulation
On pense d'abord aux voitures. Pourtant, parmi les Français gênés par le bruit chez eux, 65 % citent le voisinage, presque autant que la circulation routière (67 %), selon le sondage IFOP réalisé pour le ministère de l'Écologie en 2014.
Sources de bruit citées par les Français gênés chez eux
Source : IFOP pour le ministère de l'Écologie, septembre 2014. Plusieurs réponses possibles.
86 %
des Français se disent au moins un peu gênés par le bruit chez eux
IFOP pour le ministère de l'Écologie, 2014
30 %
des Français ont déjà eu des tensions avec leurs voisins à cause du bruit
Qualitel et Ipsos, 2017
54 %
des personnes gênées le sont depuis plus de trois ans
IFOP pour le ministère de l'Écologie, 2014
Ce que ça représente pour vous
147,1 milliards divisés par les 69,1 millions d'habitants de la France (Insee, 1er janvier 2026), cela fait environ 2 100 € par personne et par an. Mais ce coût n'est pas réparti également. Si vous vivez dans un logement bruyant, vous payez bien plus cher que la moyenne.
Le vrai coût d'un logement bruyant
Une décote de 3 à 22 % selon l'exposition
Un logement bruyant se vend moins cher. Autour de l'aéroport de Roissy, la perte de valeur va de 3 à 22 % selon le niveau de bruit ; près des voies ferrées de Seine-Saint-Denis, de 5 à 10 % (études citées par l'ADEME et le CNB, 2021). Pour un bien à 200 000 €, 5 % de décote représentent 10 000 €.
Des travaux d'isolation
Double vitrage, isolation des murs, faux plafond acoustique... Des travaux que vous n'auriez pas eus à faire dans un logement bien isolé.
Un déménagement anticipé
Quand on craque et qu'on doit partir avant la fin du bail. Sans compter les frais d'agence, la caution, le temps perdu.
Un impact santé au quotidien
Stress chronique, troubles du sommeil, irritabilité, tensions familiales. Difficile à chiffrer pour un foyer, mais cela se vit au quotidien.
L'impact santé : le coût invisible
Selon l'OMS (2018), le bruit est le deuxième facteur environnemental de maladie en Europe, après la pollution de l'air.
L'Organisation mondiale de la santé a fixé des repères clairs : au-delà de 40 décibels en moyenne la nuit, à l'extérieur du logement, des effets nocifs sur la santé apparaissent ; au-delà de 55 décibels, le risque de maladies cardiovasculaires augmente (OMS, 2009). Pour référence, une conversation normale est à 60 décibels (CidB).
Effets à court terme
- Troubles du sommeil (difficultés d'endormissement, réveils nocturnes)
- Irritabilité, stress, difficultés de concentration
- Fatigue chronique, baisse de vigilance
Effets à long terme
- Maladies coronariennes (+8 % de risque par tranche de 10 décibels de bruit routier, OMS 2018)
- Hypertension artérielle, accident vasculaire cérébral
- Dépression (lien établi pour le bruit des avions)
Le saviez-vous ?
Selon l'Agence européenne pour l'environnement (2025), l'exposition prolongée au bruit des transports contribue chaque année à 73 000 décès prématurés en Europe. En France, l'ADEME et le CNB (2021) estiment à environ 2 800 par an les décès prématurés par maladies cardiovasculaires dues au bruit des transports.
Pourquoi personne n'en parle ?
Le bruit est une nuisance invisible. Contrairement à la pollution de l'air (mesurée, affichée, avec des alertes), le bruit n'a pas d'indicateur grand public. Résultat : on le subit sans le voir venir.
Presque aucune obligation d'information
Seule exception : depuis juin 2020, un logement situé dans une zone de bruit d'aéroport doit être signalé comme tel à la vente et à la location (ministère de la Transition écologique). Ailleurs, les agences immobilières n'ont aucune obligation légale de mentionner le niveau sonore d'un quartier ou d'un logement. Le DPE existe pour l'énergie, rien d'équivalent pour le bruit.
Visites en journée uniquement
Les visites d'appartement se font systématiquement en journée, en semaine, quand le quartier est au calme. L'ambiance nocturne reste invisible.
Données dispersées et inaccessibles
Il n'existe aucun indicateur simple du bruit, adresse par adresse, pour le grand public.
C'est pour ça qu'on a créé Quietly
Notre mission : rendre le bruit visible avant la signature. Avec le rapport sonore Quietly, vous connaissez le niveau sonore d'une adresse, de jour comme de nuit, sous 24 h.
Parce que tout le monde mérite de savoir avant de s'engager.
Je tape l’adresse du logementSources
- ADEME et Conseil national du bruit, Le coût social du bruit en France, rapport final, juillet 2021.
- IFOP pour le ministère de l'Écologie, Les Français et les nuisances sonores, synthèse du sondage, septembre 2014.
- Qualitel et Ipsos, Baromètre Qualitel 2017 : les Français face au bruit, juin 2017.
- Organisation mondiale de la santé, bureau Europe, Environmental Noise Guidelines for the European Region, 2018.
- Organisation mondiale de la santé, bureau Europe, Night Noise Guidelines for Europe, 2009.
- Agence européenne pour l'environnement, Environmental noise in Europe 2025, juin 2025, version corrigée en mars 2026.
- Hegewald et ses collègues, Traffic Noise and Mental Health: A Systematic Review and Meta-Analysis, International Journal of Environmental Research and Public Health, 2020.
- CidB (Centre d'information sur le bruit), Grandir avec les sons, 2014, échelle des niveaux sonores.
- Insee, Bilan démographique 2025, Insee Première n° 2087, janvier 2026.
- Ministère de la Transition écologique et Direction générale de l'aviation civile, Information des acquéreurs et des locataires, zones de bruit des aéroports, juin 2020.
Quietly
Le niveau sonore des rues de France
